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Œuvres    
Retour à Bjaieth

Michel Beretti écrit d’abord une pièce radiophonique, Déserts. Déserts, enregistré dans les studios de la Radio suisse, a été diffusé par les radios canadienne, belge et française.

Il développe ensuite cette pièce radiophonique en pièce de théâtre en partant du huis-clos d’une chambre dans un petit hôtel minable. Retour à Bjaieth se déroule dans une ville « entre mer et désert », dit l’auteur. Cependant cette chambre d’hôtel n’est pas isolée : toute une ville existe autour d’elle. Les bruits de la ville montent jusqu’à la chambre ; le soleil trace le passage des heures sur le sol à travers les fentes des persiennes.

Un homme (Andrès) reste enfermé toute la journée dans sa chambre, un étranger. Une jeune femme venue du bidonville (Nadia) lui rend visite tous les jours : est-ce une prostituée, est-ce une jeune rebelle qui rêve de partir avec cet étranger de hasard pour quitter cette ville sans espoir ? Une relation se tisse entre eux, faite de désir et de crises, de disputes et, peut-être, d’amour. Mais leur relation est inégale : même s’il n’est pas riche, Andrès n’est pas pauvre comme Nadia. Son désespoir le submerge ; elle se bat pour survivre par tous les moyens.

Elle se rend compte de « la maladie de la mort » dont il souffre et entreprend de l’en guérir à sa façon : en l’enfermant à clé dans sa chambre d’hôtel et en l’obligeant à raconter les histoires de ce qu’il imagine du dehors : à qui appartiennent les voix de l’idiot, de la folle, le muezzin aveugle, le désert à l’orée de la ville… Elle le sauve ; il ne la sauve pas. Elle le vole ; mais il lui vole beaucoup plus que ce qu’elle lui a volé.

La pièce radiophonique et la pièce de théâtre suivent des chemins différents. Si Bjaieth est une ville imaginaire, la fin de Retour à Bjaieth a été trouvée à la suite d’un voyage de l’auteur à Bouya Omar, dans la région de Marrakech, où les malades mentaux étaient alors enchaînés ou laissaient libre cours à leur folie. Il imagine la mort de la jeune femme rebelle dans ce lieu terrible. Mais celui qui l’a apprise trop tard et la raconte est Andrès revenu à Bjaieth trente ans plus tard, tandis que les mots de la jeune femme, ou plutôt de son fantôme, se fondent lentement dans les bruits de « cette ville blanche, aveuglante de blancheur ».

Il n’existe pas de ville appelée Bjaieth. S’il en existe une, ce n’est pas la bonne, précise l’auteur.

avec :
Sirani Sangaré (Nadia)
Aboubacar S. Ouattara (Andrès)
mise en scène : Ababoubacar S. Ouattara

création le 13 juillet 2018 au Conservatoire Balla Fasséké Kouyaté de Bamako (Mali)
 
Retour à Bjaieth création à Bamako 2018
 
 
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