www.michelberetti.net
Actualités    
Djon bé sini don ? à l'Institut français du Mali
("Qui connaît l'avenir ?")

Une jeune femme africaine refuse le rôle d’épouse soumise et dépendante fixé par la tradition et l’habitude. Jouant tous les rôles de l’ex-futur mari et de l’ex-future belle-mère aux ex-futures belles-sœurs, elle refait le procès comique des relations entre les hommes et les femmes. Et si les liens qui freinent l’Afrique commençaient là, dans l’intimité du couple et de la famille ?
Traitée de "toubab" par sa famille parce qu’elle a épousé un Blanc, voilà qu’elle est une Noire en France où elle s’aperçoit que sa couleur de peau la sépare de ses nouveaux concitoyens. Elle ne sera jamais tout à fait à la fois Noire ET Française.

Djon bé sini don ? ("Qui connaît l’avenir ?" en bambara, la langue majoritaire au Mali) construit un double regard de l’Afrique sur l’Occident et de l’Occident sur l’Afrique. Jetant un regard faussement naïf sur les sociétés occidentales, son œil d’Africaine en dévoile les mensonges et met à nu le vieil imaginaire colonial, les mêmes clichés raciaux toujours présents dans les esprits. Elle découvre aussi que ce même imaginaire colonial imprègne toujours ceux de beaucoup d’Africains, toujours fascinés par le mirage de la France ou se raidissant sur une identité factice qui essentialise "le Noir".
Le poids du passé fait peser sur elle et son mari blanc une "tragédie des peaux" qui ravive dans leur couple les blessures d’anciennes guerres coloniales oubliées. Si "les Noirs n’existent pas" et si sa couleur de peau continue à la ségréger, qui est-elle ? Le fils qu’elle porte sera-t-il Noir et Blanc ? Ou sa couleur de peau n’aura-t-elle plus d’importance ?
Djon bé sini don ? parle de l’indispensable "déracialisation" encore à venir.

Jeu : Alima Togola
Texte et mise en scène : Michel Beretti
Création lumières et régie : Yacouba Magassouba
Bande son et vidéo : Mohamed Dayfour
Coproduction Blonba-Mali / Théâtre de l'Arlequin - BlonBa-France
 

 
 
 
 
 
 
 
À lire également
Entrent Mary Shelley et Casanova... (2018)
 
collage Philippe Macasdar
Philippe Macasdar, directeur du Théâtre Saint-Gervais (Genève) m'écrit (25 septembre 2017) : "Rencontres (dialogues ?) imaginaires. Une collection pour raconter une Genève faite d'écrivains y étant passés et pour certains installés, plus ou moins acceptés, plus ou moins inspirés, plus ou moins heureux; certains repartis ailleurs, pour y revenir ou plus jamais; d'autres enfin n'ayant pu y entrer, stopper net à la frontière... Genève est la patrie des écrivains. Paradoxale, rétive et poreuse, généreuse et ombrageuse. Genève qui se nourrit et qui nourrit. Terre d'accueil propice à la réflexion, à l'inspiration, à la création..."
 
Hunting the Blue Whale (2018)
 
Hunting the Blue Whale est un projet d'écriture numérique collective débouchant sur un spectacle théâtral pour plusieurs établissements scolaires. Il sera réalisé au cours de l'année scolaire 2018-9 à l'Ecole de Culture Général de Fribourg. Contact a été pris avec d'autres établissements scolaires en Suisse, en France et au Mali.
Alexandre Doucin - projet Govi
 
 
Pêcheuses de Lune (2018)
Il y a Tantie Fatou, l'aînée, couturière, qui a préféré fuir la vie réelle en vivant avec une foule de défunts qui se disputent le monopole de la télévision et mettent à tout instant leur grain de sel dans la conversation. Il y a Awa qui torche les vieux dans une maison de retraite et qui le fait de bon coeur par respect pour ces aînés dont la famille ne veut pas voir la dégradation de la vieillesse. Il y a Patience, femme de ménage, honnête et naïve, dont le travail harassant est exploité sans vergogne par un compatriote, car la solidarité entre Africains migrants n'existe pas: au contraire, chacun essaie d'enfoncer l'autre pour qu'il n'accède jamais à un niveau supérieur. De la même façon qu'Awa se prétend infirmière et Patience "technicienne de surface", Adjara, pourtant brillante diplômée en Droit, ment elle aussi en disant qu'elle est avocate, alors qu'elle se prostitue pour aider sa famille. Et sur le marché de Bamako, voilà enfin Ouleye que les mensonges des autres ont convaincue de partir à son tour...