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Les pleurs n'arrangeront rien

1968. Un coup d’Etat militaire renverse le président élu du Mali. Un régime dictatorial s’installe pour vingt-trois ans, peu à peu fragilisé par les difficultés économiques, la misère, la corruption, les aspirations à la démocratie.
1991. Les manifestations se succèdent en dépit d’une répression féroce qui fait plusieurs centaines de morts. Un coup d’Etat interne à l’armée met fin au bain de sang et rend le pouvoir aux civils.
Pendant ces journées, les femmes se sont interposées entre les balles des soldats et les jeunes. Dans une culture où ce qui est caché (sutura) doit le rester, en se mettant nues pour maudire le dictateur, elles ont accompli un geste d’une telle violence symbolique que le régime devait tomber.
L’histoire de Mars 91 a été écrite par ceux qui se sont installés au pouvoir : des hommes. Certains reconnaissent pourtant en privé que la chute de la dictature a aussi été l’œuvre des femmes et des jeunes.
Comment le théâtre peut-il rendre compte d’une Histoire occultée, brouillée par un nouveau coup d’Etat en 2012, la crise au Nord, la persistance des inégalités et de la corruption ?
Les pleurs n’arrangeront rien est un docufiction, à la fois fiction théâtrale et documentaire dans lequel l’auteur s’efface derrière les récits et les témoignages des actrices des journées de mars 91. La fiction s’inspire elle aussi d’épisodes réels.
2018. Une jeune femme apprend qu’elle a été adoptée et que sa mère a été tuée pendant ces journées sanglantes. Révoltée par l’amnistie qui a suivi la chute de la dictature et permet vingt-sept ans plus tard aux bourreaux de croiser chaque jour leurs victimes, elle cherche à découvrir l’assassin. La parole retrouvée de sa mère fait entendre au spectateur les voix innombrables des femmes de Mars. La jeune femme va découvrir que les blessures ouvertes en mars 1991 ne sont pas encore refermées.


Commande de la Compagnie Côté-Court (Bamako).
 

 
 
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