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Œuvres    
Juste avant la guerre

Juste avant la guerre est une pièce écrite à l’intention des collèges et des lycées. Elle a pour sujet l'empathie. Cette pièce didactique n’est pas destinée à la représentation devant un public, quoiqu’elle puisse l’être aussi sous une forme plus élaborée, mais doit être plutôt considérée comme un outil, un prétexte pour provoquer la réflexion de ceux qui l’interprètent et de ceux qui assistent au travail.
Chacune des répliques est discutable. J’entends par là que chaque réplique doit être discutée par celui qui la profère avec ceux qui y répondent. Les répliques attribuées aux personnages pourront être réécrites par les interprètes, en fonction de leurs attitudes personnelles que les scènes suscitent chez eux. L’auteur leur saura gré, dans ce cas, de lui communiquer les scènes réécrites. Des matériaux, de la documentation, pourront être apportés. Des scènes nouvelles pourront aussi être demandées à l’auteur. La pièce est en évolution constante et s’enrichit de l’apport de ses interprètes.

Les 6 personnages, 1, 2, 3, 4, 5, 6, n’ont pas de nom, ils sont interprétés indifféremment par des élèves de sexe masculin ou féminin. Jouer ces personnages n’exige aucun talent particulier de comédien. A part la table et les chaises, il n’y aura aucun élément de décor. Cependant, le poste de télévision est important. Il est par contre sans importance qu’il fonctionne ou non, car tout ce qu’il est supposé montrer – des images – doit être formulé par les personnages qui transforment les images en mots. Si les interprètes apportent une image, ou une photographie en relation avec la pièce, elle sera agrandie et affichée sur les murs ; chacun aura sous les yeux l’image qui fera ainsi débat. Enfin, il n’est pas interdit de s’amuser en jouant une scène, ni de donner aux personnages un peu de la vie spontanée des répétitions.

Création à Genève, quelques jours avant le déclenchement de la seconde guerre d'Irak.


Juste avant la guerre, E.C.G. de Fribourg, 2009
Mise en scène Yann Pugin


1 – Un homme gît sur le bord de la route.

6 – Qui ?

1 – Ça n’a pas d’importance.

6 – Qui jouera l’homme ?

5 s’allonge sur la scène.

1 – N’importe qui. Jouer le rôle d’une victime ne demande aucune qualification particulière. Entre Jérusalem et Jéricho, un homme gît sur le bord de la route. Soleil, chaleur, pierres, poussière, sang, mouches.

1 déroule sur 5 un ruban rouge.

1 – L’homme blessé gît sur le bord de la route. Son sang coule sur la terre qui le boit. Quelqu’un passe sur la route et aperçoit le blessé.

6 – Qui ?

1 – Ça n’a pas d’importance. Un passant, qui va de Jérusalem à Jéricho.

4 s’avance vers 5 qui joue l’homme gisant.

3 – Tu racontes mal : des voleurs ont attaqué l’homme, ils l’ont laissé gisant sur le bord de la route. Je connais cette scène. C’est une très vieille histoire, tout usée à force d’être racontée. Le passant ne s’arrête pas.

4 – Les broussailles m’empêchent de voir.

3 – La vue est dégagée, tu vois la vallée, et les oliviers vert argent, tu vois au moins jusqu’aux remparts de Jéricho. Le corps de l’homme gisant sur le bord de la route est exposé à la vue de tous. Tu mets la main sur tes yeux pour les protéger de l’ardeur du soleil, tu fais semblant de n’avoir rien vu, tu détournes le regard du spectacle du malheur.

4 – Alors, je continue mon chemin ?

 

6, montrant l’écran Un homme gisait sur le bord de la route.

5 – Je n’ai rien vu du tout.

3 – Qui veut du ketchup ?

6 – Un homme gisait sur le bord de la route. Dans les herbes hautes, la chaleur moite, la boue, la pluie, les mouches, le sang.

 
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