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Œuvres    
Diderot avec Rousseau : Le Rêve de d'Alembert - Pygmalion

adaptation des textes de Diderot : Michel Beretti
musique : Richard Dubugnon
mise en scène : Simone Audemars
assistanat à la mise en scène : Damien Gauthier
scénographie et costumes : Roland Deville
réalisation costumes : Veronica Segovia
lumières : Christophe Pitoiset
traduction surtitres : Ann Jacoby
sutitrage : Dorian Nahoun
régie générale : Pierre Laurent
installation plateau : Gianni Kaeser Ceriani

jeu :
Le Rêve de d'Alembert : Ahmed Belbachir, Hélène Firla, Michel Rossy
Pygmalion : Georges Grbic, Pauline Schopfer

musiciens :
Philippe Bourlois ou Mélanie Brégant, accordéon
Marion Rolland, alto
Richard Dubugnon, contrebasse

production : Compagnie FOR / L'Organon – coproduction : Oriental Vevey, UNIL - La Grange de Dorigny
soutiens : Ville de Ferney-Voltaire, Ville de Lausanne, Loterie romande, Corodis, Fondations Leenaards, Ernest Göhner et Nicati de Luze.

 "Il y a bien plus d'un morceau de marbre à un être qui sent que d'un être qui sent à un être qui pense." Cette maxime ironique du Rêve de d'Alembert, écrit par Diderot en 1769, appelait la confrontation avec cette oeuvre singulière de Jean-Jacques Rousseau créée l'année suivante : le mélodrame Pygmalion. Le marbre et la chair : l'âme est-elle une émanation de la matière ? Comment peut-on aimer une statue ? Si l'homme est une machine, qu'est-ce qu'un automate ? Les espèces engendrent-elles d'autres espèces ? Des questions qui continuent à se poser à nous aujourd'hui : actualité de Diderot... L'âme est-elle une émanation de la matière ? Comment peut-on aimer une statue ? Si l'homme est une machine, qu'est-ce qu'un automate ? Les espèces nouvelles engendrent-elles d'autres espèces ? Des questions qui continuent à se poser à nous aujourd'hui avec la cybernétique, l'univers virtuel ; avec "l'effet Pygmalion" au centre de l'éducation ; avec l'interrogation sur ce qu'est l'amour, amour de soi à travers l'autre (Rousseau) ou rencontre entre deux machines désirantes (Diderot) ; avec ce qu'est l'esprit pour la neurobiologie. Le spectacle rend compte de ces questions dans leur actualité.

La statue de Pygmalion et Galathée, exécutée par le sculpteur Etienne-Maurice Falconet, servira ici d'esemble à Diderot pour illustrer sa conception de l'Homme et de l'évolution de la matière.
Au matérialisme de Diderot s'oppose l'idéalisme presque romantique de Rousseau. A la quête illusoire de l'origine dont la statue  sert de prétexte, par-delà les faux-semblants du langage social, s'opposent les machines sensibles de Diderot, qui se sentent, se combattent et s'emboîtent. A l'un, un rêve de pierre narcissique – "Je m'adore dans ce que j'ai fait" – à l'autre la confrontation des sentiments et des passions entre les individus.

Diderot, penseur matérialiste, ne croit pas à l'âme : il est persuadé qu'elle n'est que le produit de notre corps. Sensations, émotions et pensées s'éteindront à notre mort. Mais il sauve notre immortalité en affirmant dans Le Rêve de d'Alembert que toute la matière de l'univers est sensible et qu'il n'y a d'autre différence entre le marbre et la chair que celle de leur organisation.
Le marbre se faisant chair, voilà qui constitue un excellent contrepoint au mélodrame de Rousseau, pour lequel une musique originale a été commandée au compositeur Richard Dubugnon.

Aux extraits du Rêve de d'Alembert s'ajoutent dans ce montage de textes la récolte de sondes pratiquées dans l'oeuvre de Diderot : Principes philosophiques sur la matière et le mouvementObservations sur HemsterhuisEléments de PhysiologieTraité du BeauPensées détachées sur la peinture, la sculpture et la poésie, la correspondance avec Falconet, et les différents Salons.

Diderot n'ayant cessé de s'inventer des interlocuteurs pour mieux exprimer une pensée audacieuse, passionnée, contradictoire, ce montage de textes ne pouvait que revêtir la forme d'un libre dialogue entre trois protagonistes des Lumières, philosophant la nuit sur la vie, la mort, le désir, la Nature, la Beauté...

 
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