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Œuvres    
Suchard – titre provisoire

Suchard – titre provisoire
(nouvelle pièce sur le chocolatier, 22 ans après Philippe Suchard)

avec :
Monique Ditisheim (Madame Suchard)
Xavier Fernandez-Cavada (Philippe Suchard, fils)
Jacques Gardel (le pasteur Edouard Simond)
François Germond (Philippe Suchard, le père)
Jean-Philippe Hoffman (un steward)
François Revaclier (Carl Russ, commis des chocolats Suchard)
Alexandra Tiedemann (Louise Suchard)
Emmanuelle Vouillamoz (Eugénie Suchard)
Anne Vouilloz (Rosalie Suchard, les filles)

mise en scène : André Steiger
scénographie : André Kuenzy
costumes : Géraldine Clément
assistée de Brigitte Brenaud
lumières : Yann Becker
assisté de Eric Emery

production : Théâtre Tumulte, Neuchâtel, sous le patronage de l’Exposition nationale suisse « Expo 02 »

création le 29 août 2002 aux anciennes usines Suchard de Serrières

"Sur le pont d’un bateau, donc, d'un vapeur naviguant en plein océan, Philippe Suchard, Madame Suchard, leur fils, leurs filles et leurs futurs gendres. Dégagée de l'enchevêtrement des entreprises et des projets, de l'échange des capitaux et du travail, la scène - ou le pont du navire - est libre pour raconter le drame ou la comédie des rapports humains à l'intérieur d'une famille régie par un étonnant patriarche.

À 76 ans, Philippe Suchard entreprend en 1873 un voyage en grande vitesse autour du monde. Philippe Suchard est un homme du XIXe siècle ; la vitesse est son élément. Lecteur de Jules Verne, il entreprend à un âge avancé un tour du monde, de Serrières (Neuchâtel) à Serrières, en empruntant les moyens modernes de transports maritimes et terrestres. Ce voyage est le cadre de Suchard – titre provisoire.
Particulièrement frappantes, cette énergie, cette activité incessante, cette mobilité grandissante du vieil homme qui confine à la bougeotte (« Le chocolat, ma bête noire, autant que ma Providence ! »). Ce mouvement du père contraste avec l’immobilité grandissante du fils, atteint d’une maladie chronique qui l’emportera avant son père.
Les trois filles de Philippe Suchard épouseront des directeurs de l’entreprise ; la disparition du fils a-t-elle rendu nécessaires des mariages de raison pour que l’entreprise reste en partie entre les mains de la famille ? La cotation en bourse signifie la réussite d'une entreprise, en même temps que l'élargissement du capital dépossède son créateur de son succès individuel. Il y a dans toute entreprise capitaliste quelque chose de tragique : le nom de Suchard subsiste, mais l’usine de Serrières est morte."
Michel Beretti, 2002

"Ce que Michel Beretti propose dans ce texte, ce n’est, bien entendu, pas la figure historique de Philippe Suchard, mais bien plutôt la représentation fantasmée de l’industriel chocolatier dont s’est emparée l’histoire imaginaire et mémorielle sous la forme extrêmement malléable du mythe social et économique.
C’est donc « à titre provisoire » que ce Suchard nous apparaît ici et maintenant, en racontant allusivement un aspect de ce que le capitalisme de la fin du XIXe siècle va tenter de mettre en place, avec le souhait fort légitime pour lui d’éviter, ou tout au moins de résorber les conflits qu’engendre le nouveau rapport des forces sociales : celui du « paternalisme » patronal.
La figure du « père », voici ce qu’on essaie de tracer, ou de traquer ici.
Le « père Suchard », voilà pour l’emblème mythique que nous brandissons. Il n’est donc pas question d’un journal intime du personnage, ni d’une quelconque monographie biographique de ce sujet historique, mais d’une enquête autour de la problématique du « pouvoir » : objet obsessionnel sous toutes les formes politique, militaire, économique, financière… et dans les registres pervertis du « réel », de l’imaginaire et du symbolique.
Pour engager cette démarche analytique et critique en restant dans la poétique dramatique, Beretti choisit une sorte de métaphore microcosmique qui pourra rendre compte dans un premier degré quelque peu commun à tous les individus – donc vraisemblablement à tous les spectateurs – de cette enquête sur le ou les Pouvoirs : la Famille. Et ainsi, plus précisément, du Pouvoir paternel."
André Steiger

 
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