www.michelberetti.net
Œuvres    
Dérives – Entre le mal et le moins mauvais
opéra de chambre

Dérives – Entre le mal et le moins mauvais
opéra de chambre pour soprano, alto, baryton, comédien, choeur et ensemble instrumental
musique : Michael Jarrell
livret : Michel Beretti

Michael Morris (D.J., acteur)
Liliane Mazeron (la Soprano)
Anne Bartelloni (l’Alto)
Gastone Sarti (le Baryton)
Véronique Dorsaz, Bérangère Mastrangelo, Jean-Dominique Pfaeffli, Etienne Privat, Christine Python, Nicolas Reichel, Claire-Lise Stehlé, Alfred Zihlmann (le Chœur)
avec la participation de Jean-Luc Koenig (le Clown)

direction musicale : Giorgio Bernasconi
chef de choeur : Lucio Amoruso

Ensemble Contrechamps :
violon : Saskia Filippini
alto : Anne-Monique Voss
violoncelle : Daniel Haefliger
flûte : Verena Bosshart
clarinette : René Meyer
piano : Sébastien Risler
guitare : Dieter Jordi
percussions : Yves Brustaux, Frédéric Macarez, Olivier Perrenoud

régie : Jean-Pierre Wicky
construction du décor : Ateliers de la Ville de Genève, sous la direction de Joseph Weger
assistants à la décoration et aux costumes : Jean-Marc Basoli, Rafaela Zoppi

« Je voudrais composer quelque chose qui laisserait le théâtre comme après l’explosion d’une bombe », dit Puccini à propos de la fin de Turandot. Le duo ne fut jamais composé (« è poi Tristano »), mais quelques années plus tard, la nuit du 15 août 1943, une bombe tombait sur la Scala.

esquisse de Michael Jarrell pour l'opéra

le compositeur Michael Jarrell en 1985
Michael Jarrell (1985)
partition manuscrite de Michael Jarrell pour

Après un choc, une déchirure, une explosion - les traces d’une catastrophe - un opéra de chambre dans un théâtre - on voit au-dessus le plancher de la scène, troué, déchiqueté - on cherchera ce qui a pu provoquer cet effondrement, cette descente d’un étage de l’opéra dans ses dessous - décombres, gravats, partitions éparpillées, déchirées - les choristes en habit de soirée, plongés dans la torpeur, attendent - une porte de fer surmontée d’une pancarte lumineuse « accesso al palcoscenico », fermée - à l’avant-scène, un homme en uniforme avec un maquillage de clown regarde - non, un clown costumé en fasciste - un clown fasciste - assis à l’avant-scène, un figurant costumé en fasciste avec un maquillage de clown regarde - un G.I. tombe du ciel - deux femmes lui font des scènes - drapé dans la toile de parachute aux couleurs du drapeau américain, le G.I. parachuté évoque ses souvenirs - oublié sur la scène au-dessus, le baryton fait son apparition avec sur les épaules un justaucorps 18e siècle - le baryton révélant le gilet de domestique qu’il porte habille l’Américain de son justaucorps 18e siècle malgré sa résistance - soulevant un drap blanc, le G.I. vêtu d’un justaucorps 18e siècle découvre un petit théâtre du quotidien - la cuisine de l’opéra - une femme vêtue en danseuse romantique prend des médicaments, boit un verre d’eau, joue avec un éclat de miroir, l’Américain prend des photos - la soprano en peignoir 18e siècle s’efforce en vain de faire de l’Américain un séducteur présentable - le G.I. qui cherche à s’enfuir par la scène trouve son chemin barré par le baryton assis en haut de l’échelle - les choristes rêvent l’Amérique dans leur demi sommeil - le rideau tombe - deux femmes se trouvent derrière un homme enseveli sous les plis du rideau - la soprano repart avec pour tout bagage le rideau du théâtre - de l’autre côté - l’alto en combinaison, masque blanc (probablement, pour elle, ça doit être fini) - le contenu d’un verre jeté au visage de la soprano - le verre brisé - la soprano piégée par l’éclat du miroir tendu par l’autre marche le long du rideau rouge étendu - cette femme qui tombe, l’alto étonnée la reçoit dans ses bras - à l’autre bout du rideau, le baryton assis dans un fauteuil Louis XV vêtu du justaucorps abandonné par l’Américain - la soprano meurt - la porte de fer est ouverte, au-dehors il fait beau - les choristes fatigués sortent - et c’est l’ascension.

réalisation scénique : Michel Beretti, Roland Deville

création le 2 octobre 1985 à la Salle Simon Patino, Genève

Dérives

 
À lire également
Madame Tirailleur (2019)
1914, quelque part dans un village d’Afrique de l’Ouest. Ouleye est fière d’avoir épousé un tirailleur sénégalais de l’armée coloniale des Français. Mais voilà la Grande Guerre. Bravant la réprobation des femmes, Ouleye revêt l’uniforme pour suivre son mari en France sur les champs de bataille : elle a peur qu’une Blanche lui vole son mari, et n’est-elle pas une bonne épouse dont le devoir est d’assurer à son mari la cuisine et le lit ? Ainsi Ouleye va-t-elle jeter sur la France, la guerre et le monde étrange des Blancs son regard faussement naïf et décalé…
 
Alima Togola enregistre Mme Tirailleur à Joliba FM
 
"En couple" dans les Lycées de Sikasso (Mali) (2021)
"En couple" Lycees de Sikasso 2021

Créée en 2015 à Cotonou, au Bénin, En couple continue son chemin dans les Lycées de Sikasso, au Mali, où des lycéens ont choisi d'en jouer des extraits, et à l'Institut national des Arts de Bamako où la pièce a été prise comme travail de diplôme. Jean-Marie Ambroise Traoré et Honorine Diama qui l'ont déjà souvent jouée envisagent de la reprendre dans la mise en scène d'Hypolitte Kanga.
 
Fin des représentations de la "Légende Baoulé" (2021)
Le retour de l'épidémie en Europe a obligé les deux compagnies Deux Fois Rien (Suisse) et des Pataclowns (Bénin-Côte d'Ivoire) à annuler les dernières représentations de "La Légende Baoulé" prévues fin 2020. On ne verra plus ce beau spectacle d'ombres. Mais Fidèle Baha, Hyacinthe Brika, Anne Compagnon, Christelle Nicod et leurs collaborateurs ont tout de même donné 105 représentations et fait rêver 10 000 enfants pendant deux ans, en Suisse et en France, puis au Bénin, au Togo et en Côte d'Ivoire.