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Œuvres    
Un, personne, et cent mille

Un, personne, et cent mille
de Luigi Pirandello
avec : Gino Zampieri (Vitangelo Moscarda)
traduction : Michel Beretti
mise en scène : Franco Pero
scénographie et costumes : Andrea Viotti, lumières : Claudio Coloretti
musique : Antonio di Pofi
Théâtre Populaire Romand
création le 18 novembre 2004 au Théâtre L’Heure bleue, La Chaux-de-Fond

L’histoire tragi-comique de Monsieur Personne
Un, personne, et cent mille voit le jour en 1926. C’est le dernier roman de Luigi Pirandello, qui recevra le prix Nobel de littérature en 1934. Mais Pirandello travaillait à ce roman déjà depuis 1910. De toute évidence il appartient à cette forme de récit qui voit le jour avec Cervantès, explose avec Sterne, se développe avec Kafka et touche le sommet avec Les carnets du sous-sol de Dostoïevski. Dans sa Lettre autobiographique qu’il écrit en 1912, Pirandello annonce déjà son œuvre en la définissant comme un roman profondément humoristique. Le sous-titre en était : « Considérations de Vitangelo Moscarda sur la vie des hommes en général, et plus particulièrement sur la sienne ».
Dans une interview de 1919, Pirandello admet que le roman – dont la sortie est toujours annoncée et toujours renvoyée – aurait dû paraître avant toutes ses comédies, car il aurait permis une interprétation plus exacte de son théâtre. « Vivre et se regarder vivre sont deux situations non convergentes. Cela est si vrai que la seconde peut compromettre la première. De toute façon il en naîtra un sérieux problème. Ce sérieux problème, c’est mon théâtre. »
A la suite de cette interview, un grand critique a défini le théâtre de Pirandello comme le théâtre du miroir. C’est justement en se regardant dans ce miroir que Vitangelo Moscarda, le protagoniste de Un, personne, et cent mille, parvient à se voir sans être vu par l’Autre, celui qui est dans le miroir. Il atteint ainsi une connaissance de soi semblable à celle de ceux qui l’entourent et peuvent le regarder vivre.
Dans un cruel monologue d’une richesse outrancière, le protagoniste alterne le récit de ses mésaventures avec des réflexions profondes et des provocations tragi-comiques.
Mais Pirandello maintient le soliloque de Vitangelo Moscarda à l’abri des tentations protestataires ou de critique sociale au nom de valeurs humaines partagées. Il doit s’élever au contraire comme le cri d’un individu marginalisé autant par sa famille que par la société. Moscarda assumera de toutes façons et malgré lui le rôle d’un contestataire de la société bourgeoise, de ses institutions financières et de sa violence qui exclut tout marginal. Peu à peu, il prendra conscience qu’il est impossible de se soustraire à l’image que les autres nous attribuent et que pour chacun de ces autres, y compris les plus proches, cette image n’est jamais la même.
Gino Zampieri


Un, personne, et cent mille

© Xavier Voirol

 
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