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Œuvres    
Le principe d’incertitude

Le principe d’incertitude
avec : Carine Barbey (Eden Paradis), André Steiger (André Steiger)
mise en scène : Marc Liebens,
décor : Roland Deville

création le 18 mars 2003 au Théâtre du Grütli, Genève
 

Au Théâtre du Grütli, à Genève, il joue Le principe d'incertitude, de Michel Beretti. Rencontre avec un vrai personnage de théâtre qui se met dans sa peau. D'abord il y a cette voix qui capte illico l'attention, une voix de conteur, profonde, émaillée ici et là d'intonations gouailleuses. Ajoutez-y un goût prononcé pour le verbe, un sens redoutable de la dialectique, une impressionnante culture et un attachement de longue date à B. B. (Bertolt Brecht). Voilà. Personnalité inévitable du théâtre suisse romand, donc parfois sujet à controverses, André Steiger, 75 ans, a réalisé quelque 250 mises en scène en Suisse, en France et en Belgique.

Egalement acteur, il est sur scène à Genève, au Grütli, dans Le principe d'incertitude, de Michel Beretti. Il y interprète un sacré rôle, le sien. A moins que ce ne soit celui d'un autre, plus ou moins proche, plus ou moins éloigné de lui. Seule certitude, l'incertitude règne, sur les planches comme dans la vie. Bref, dans cette oeuvre, André Steiger est ... A. S., personnage de théâtre vieillissant, nommé directeur d'une petite salle de campagne, une auberge de Saint-Sornin-Leulac, au centre de la France. C'est là qu'il a commencé sa carrière, c'est là qu'il va la terminer avec la représentation de sa pièce, La leçon de théâtre. Face à lui, Eden Paradis (Carine Barbey), servante équivoque. De cette rencontre improbable naît une suite de commentaires, d'évocations, de souvenirs plus ou moins truqués.
A. S ., c'est vous ?

Disons que plane une certaine ambiguïté... Michel Beretti a accumulé des anecdotes que je raconte, ainsi que certaines de mes écritures de théorie théâtrale. Cela a donné une sorte de vécu à ce personnage mythique qu'est A. S. Mais Saint-Sornin-Leulac existe. J'y ai d'ailleurs monté Le roi Lear.

Il y a forcément beaucoup de vous dans A. S. Comment « se » joue-t-on ?

Impossible. Par contre, on doit se faire une image fictive du personnage. Durant les répétitions, il y avait des jours où j'étais porté à la nostalgie, d'autres à l'ironie, voire au burlesque. D'autres encore où j'étais dans une neutralité qui me permettait de savoir si le personnage est à plaindre ou à critiquer. Quand j'arrive à cette distance, c'est bien. Elle laisse au spectateur une possibilité d'interprétation, un choix. C'est ça aujourd'hui, le théâtre. La participation du public amène la création du sens.

Jouer, mettre en scène... Comment voyez-vous ces deux métiers ?

Le comédien est toujours dans l'analyse de ses comportements, des situations. Le metteur en scène est dans la synthèse. Les plaisirs et les angoisses ne sont pas les mêmes. Dans la réalité du théâtre, le jeu fonctionne avec l'ego, alors que le metteur en scène devrait fonctionner dans un savoir multiple. Mais, de nos jours, les metteurs en scène fonctionnent plus avec l'ego et les comédiens sont considérés comme des machines.

Et votre ego à vous ?

Il vieillit, devient plus friable.

Le principe d'incertitude a aussi trait à la vieillesse, à la mort. Vous y pensez ?

Ce qu'il y a de difficile, ce n'est pas l'idée de la mort. Le problème, c'est la maladie, ce sont les obstacles qui sont mis à la libre expression du corps. C'est le vieillissement qui est difficile, plus que la mort.

Vous enseignez, organisez des stages. Qu'est-ce que cela vous apporte ?

L'enseignement m'est assez naturel. Du point de vue de l'âge, c'est ce qui maintient jeune. La circulation des savoirs vous conserve dans l'état de la recherche. Je suis heureux de cette liaison pédagogie-théâtre. Carine Barbey, qui joue avec moi Le principe d'incertitude, est une de mes anciennes élèves, et l'auteur, Michel Beretti, a participé autrefois à un de mes stages à Thonon-les-Bains.

Steiger, c'est qui ?

Comme tout être humain, quelqu'un qui veut du savoir, qui en a et est prêt à en offrir. Ce savoir peut être non seulement intellectuel mais aussi érotique ! Le schéma est le même pour tous, la transmission du savoir est une des fonctions les plus nobles et les plus humbles sur terre.
 
 
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