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Denis Diderot, Madame de la Carlière, Madame de la Pommeraye
adaptations

Madame de la Carlière, ou sur l’inconséquence du jugement public de nos actions

avec :
Christian Cordonnier
Julie Meyer
Camille Piller
Lionel Robyr
Emma Schneider

présentation de fin de stage par les élèves de la section préprofessionnelle du Conservatoire de Fribourg, travail pédagogique conduit par Simone Audemars
création le 29 juin 2013 au Théâtre du Châtelard, Ferney-Voltaire

Madame de la Carlière prétend s’assurer de la fidélité absolue de son futur époux, le chevalier Desroches, qu’elle met en garde publiquement : à la première infidélité de sa part, elle le quittera et l’exposera à la honte universelle. Elle exige de son futur époux la promesse d’une constance éternelle.
Le chevalier a une liaison sans lendemain ; inflexible, la marquise rompt. Leur enfant meurt ; cloîtrée dans une solitude hautaine, Mme de la Carlière s’éteint elle aussi.
Qui est victime ? Qui est coupable ? L’opinion en juge sans savoir, interprétant mal ce qu’elle voit et ignorant ce qu’elle ne voit pas. N’est-ce pas Madame de la Carlière qui a tout gâché, alors que son mari continuait de l’aimer ? Mais Desroches, que le jugement public accuse des maux provoqués par sa promesse non tenue, n’a-t-il pas montré trop de faiblesse ?
Le mariage, conclut Diderot, est une loi trop contraignante pour l’inconstance humaine, et le désir ne saurait être soumis à des règles ; mais il sait aussi qu’aucun rapport social, aucune relation entre les individus n’existent sans règles ni contraintes.


Madame de la Pommeraye, monologue
 

avec : Hélène Firla
mise en scène : Simone Audemars
scénographie : Roland Deville
costumes : Veronica Segovia
lumières : Christophe Pitoiset
régie générale : Dorian Nahoun

création le 24 septembre 2013 au Théâtre du Châtelard, Ferney-Voltaire.

En homme des Lumières, Diderot n’a cessé d’aller au plus concret, accumulant jusqu’au vertige anecdotes ambiguës, cas de conscience soumis à ses correspondants sur l’amour, la fidélité, le désir, les mœurs, la nature humaine, la liberté… On trouve l’histoire de Madame de la Pommeraye au détour d’un roman théâtral, Jacques le Fataliste : par orgueil, Madame de la Pommeraye, trompée par son amant, se venge en lui faisant épouser une jeune prostituée qu’elle a fait passer pour une dévote. Mais la vengeance de cette femme outragée échoue : bien que victime de cette machination, son amant décide de conserver sa femme qu’il aime et qui le rend heureux.
De l’histoire de Madame de la Pommeraye, Robert Bresson fit un film, Les Dames du Bois de Boulogne ; Eric Emmanuel Schmitt une pièce de théâtre, La tectonique des sentiments. Est-on libre d’aimer ? De ne plus aimer ? D’accepter de souffrir parce qu’on n’est plus aimé ? Ce sont là des questions qui ne vieillissent guère...


Hélène Firla (Mme de la Pommeraye), photo A. Dhordain
 
Madame de la Carlière puis Madame de la Pommeraye, représenté avec Le Droit du Seigneur de Voltaire, sont des jalons du voyage à travers l'oeuvre de Diderot entamé avec Le Rêve de d'Alembert que nous avons entamé avec la metteure en scène Simone Audemars (ainsi que dans Lumières ! mis en scène par Yann Pugin) Le projet sur la Justice et le Droit (Entretien d'un père avec ses enfants), n'a pas abouti faute de moyens. Diderot réapparaît encore une fois de façon fantômatique dans Cabaret Voltaire 16, pour signifier l'échec des Lumières.