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Mortel poème
théâtre jeune public

avec :
Samuel Faccioli

mise en scène : Christian Gangneron
scénographie : Edouard Sautai
conseil chorégraphique : Franck Apertet
conseil musical : Jonathan Pontier
costumes : Bruno Fatalot
régie générale : Marine Deballon

production : Théâtre de Sartrouville-CDN, en collaboration avec l'ARCAL, Odyssée 78

création le 25 janvier 2005 à la Médiathèque M. de Fontenac, à Jouars-Pontchartrain

Mortel Poème est le seul spectacle qui soit le fruit d’une commande. Quelle fut-elle et pourquoi Michel Beretti ?
J’avais travaillé avec Michel Beretti sur « Raphaël, reviens ! » un opéra en direction des préadolescents, ceux qui sont à ce moment charnière du passage de l’école élémentaire au collège, avec ce que ça engendre comme crainte de se dire que l’on quitte l’enfance et que l’on va vers l’inconnu. Certes, tout avenir est brutal, mais pour les gamins c’est un moment d’une extrême violence. Il me semblait intéressant de retrouver Michel Beretti pour reprendre ce fil-là, fort du travail effectué autour des différentes langues auxquelles sont confrontés les enfants à l’occasion de « Raphaël, reviens ! » et lors de la dernière biennale d’Odyssées 78. Sous certains aspects, j’étais resté un peu sur ma faim, il me semblait qu’on pouvait creuser le thème de manière plus directe et j’ai demandé à Michel Beretti de se colleter au fait que les enfants de 7 à 12 ans funambulisent au carrefour de trois langues, celle qu’ils apprennent sur le banc de l’école, celle qu’ils parlent dans la cour avec les copains, celle employée à la maison avec les parents. Trois langues différentes auxquelles s’affronte la quête de sa propre expression.

Dans la mesure où le spectacle est interprété par un seul comédien, comment, de quelle manière Jérémie, le héros de Mortel Poème, va-t-il être trilingue ?
J’aime beaucoup ce titre de Mortel Poème car il est très imagé. « Mortel » est l’unique expression employée par les gamins pour exprimer aussi bien l’intense bonheur que le comble de l’ennui. Jérémie n’y échappe pas et comme beaucoup d’enfants de son âge il possède un portable. Selon ses interlocuteurs, il passe d’une langue à l’autre non sans quelques dérapages. Anéantis par sa honteuse défaite lors d’une joute oratoire, il va dans un premier temps chercher refuge à ses ennuis dans le vide de l’ennui, mais à mesure de l’action et de l’histoire il va découvrir le pouvoir des mots et, en apprenant à écrire un poème, il apprendra aussi à vivre.
Invité à écrire un poème, d’abord par un mystérieux SMS puis par la voix de Samira, une fille de son âge dont il ne s’imaginait pas qu’elle puisse s’intéresser à lui, il se prête au jeu. Mais le public n’entendra que des bribes de ce poème à partir desquelles il sera convié à écrire son propre poème. Ainsi à côté du poème de Jérémie, il y aura le poème de chacun et le spectacle deviendra ainsi une fabrique de poèmes.

(Rencontre avec Christian Gangneron)


Mortel poème
Sartrouveille, 2005 © J.-M. Lobbe


Belfort, 2008 © Yves Robert