www.michelberetti.net
Sur Mars, soleil, temps froid

avec :
Grégoire Oestermann (le Professeur Théodore Flournoy)
Sylvie Ballul (Elise Müller, alias Helen Smith)

mise en espace : Michel Beretti

une nouvelle version a été jouée à Neuchâtel par Alexandra Tiedemann et Georges Grbic en 2009.

commande du Centre Culturel Suisse à Paris, création le 16 mai 2001 à l'occasion des rencontres autour des débuts de la Psychanalyse en Suisse, avec le soutien de Pro Helvetia

Entre 1893 et 1900, Théodore Flournoy, un psychiatre et philosophe genevois, travailla avec une médium Elise Muller pour tenter de comprendre comment elle pouvait parler le sanscrit, elle qui n’avait pas fait d’études; se réincarner en une antique princesse indienne, visiter Mars et en parler la langue. Pouvoir de l’occulte ? Pouvoir du psychisme ? Autour de ces séances, les savants de Genève - des orientalistes mais aussi Ferdinand de Saussure - tentèrent de percer les énigmes ainsi mises en scène. De ces années de fréquentation et d’interrogations, Théodore Flournoy écrit un ouvrage en 1900, Des Indes à La planète Mars. Le savant genevois osa cette écriture en utilisant le pronom « je », il y retranscrit fidèlement le dispositif qui permit de lui fournir ce qu’il espérait à Elise Muller qui tint pour l’occasion à prendre le nom d’Helen Smith. L’investissement d’un scientifique dans les phénomènes occultes était dans l’esprit de l’époque, Myers à Londres cherchait également le pouvoir du psychisme dans ce qui défiait la raison humaine. Alors qu’à Vienne, Freud publiait la même année la Traumdeutung et donnait, à travers sa clinique, ses lettres de noblesse à l’inconscient.
Cette aventure scientifique est aussi une aventure humaine, l’histoire d’une passion tragique : à l’état de veille, Elise Müller se montre fort prude, son avatar la princesse indienne Simandini, qui a reconnu en Flournoy, marié et père de famille, son époux adoré Sivrouka, parle et se comporte avec lui fort librement devant le petit public médusé des séances, tandis que, de son côté, le Professeur n’est pas indifférent à la belle médium. Flournoy aime un fantôme, la médium en aime un autre. Le temps passe ainsi. Ils boivent du thé, le Professeur Flournoy n’invente pas la Psychanalyse.
(Mireille Cifali et Michel Beretti)

Sur Mars, soleil, temps froid, Théâtre Tumulte, Neuchâtel (Suisse)


Alexandra Tiedemann, Georges Grbic, Neuchâtel 2009