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Canti di Prigionia et Il Prigioniero
Luigi Dallapiccola

Canti di Prigionia et Il Prigioniero
Luigi Dallapiccola

Canti di Prigionia, d'après la Prière de Marie Stuart, l'Invocation de Boèce et l'Adieu de Savonarole (1938-1941)
Il Prigioniero, opéra en un prologue et un acte d'après La torture par l'espérance de Villiers de l'Isle-Adam et La Légende et les aventures héroïques, joyeuses et glorieuses d'Ulenspiegel et de Lamme Goedzak au Pays de Flandres et ailleurs de Charles de Coster (1939-1947)

avec :
Jean-Luc Balestra (Le Prisonnier)
Urzsula Cuvellier (la Mère)
Gianluca Floris (le Géôlier)
Christopher Lemmings (le 1er Prêtre)
Job Tomé (le 2e Prêtre)
Patrick Le Mauff (l'élève de Luigi Dallapiccola, récitant)

direction musicale : Jérôme Kaltenbach
mise en scène : Patrick Le Mauff
textes additionnels et dramaturgie : Michel Beretti
décors : Philippe Marioge
costumes : Joël Viala
maquillages : Crystel Di Rosa
lumières : Jean-Pascal Pracht
images : Valéry Faidherbe et Didier Gertsch
chef de chant : Gilles Leconte
réalisation décors et costumes par les ateliers de l'Opéra de Limoges

Choeur de l'Opéra de Limoges - chef de choeur Jacques Maresch
Choeur Mikrokosmos - chef de choeur Loïc Pierre
Orchestre régional de Limoges et du Limousin

musiciens solistes :
Cynthia Caubisens, Ismaël Marguin, pianos
Serge Reynier, Christelle Uccelli, harpes
Nicolas Cousin, Aurélien Hadyniak, Vincent Mauduit, Alain Pelletier, Benoît Poly, percussions
Pascal Brouillaud, timbales

création le 28 janvier 2011 à l'Opéra de Limoges
 
 Patrick Le Mauff, récitant dans l'opéra "Le Prisonnier" de Dallapiccola
 
Le dernier élève de Luigi Dallpiccola - "Un jour, c’était peu de temps avant sa mort, en 1975, je demandai au Maître comment il avait pu croire un moment à toutes ces pitreries du fascisme. Il réfléchit longuement, et me dit :
" - Ma génération est coupable : aucune justification possible… Tout au plus des circonstances atténuantes : la propagande qui transformait le mensonge en vérité. Composer était sa seule façon de protester. Il ne se faisait pas d’illusion sur ce qu’il a appelé plus tard sa « protest-music ». Il était isolé, sa musique jugée « dégénérée » était interdite en Allemagne et dans les pays occupés ; il ignorait si cette œuvre qu’il composait et sur laquelle il revenait sans cesse pendant quatre ans, que personne ne pouvait entendre, serait jouée un jour. C’était une bouteille à la mer, une question lancée à un monde plongé dans les ténèbres. Vous comprenez ?"
 
 "Les Chants de prison" de Luigi Dallpiccola - Limoges, 2011
 
... A la fin, il n’était plus question de musique, seulement de survie. Puis vint le jour de la Libération. Ce jour là naquit sa fille prénommée Annalibera. L’après-guerre amenait ses désillusions, l’égoïsme des Etats, la course aux armements, comme si l’expérience de la guerre n’avait servi à rien... Et aussi la découverte des camps de concentration et des exécutions ordonnées par Staline de communistes qui s’étaient battus pour la liberté et qui criaient en mourant « Vive Staline ! » Le Prisonnier de son opéra sent que l’injustice dont il souffre n’est pas exempte de culpabilité. Rien n’est blanc ou noir. La liberté et la prison, un couple indissociable... Alors, est-ce que la liberté ne se trouve que dans la mort ? Le maître ne m’a pas répondu quand je lui ai posé la question. " - Espérer, me répétait-il, il ne faut jamais cesser d’espérer..."
(extraits des textes additionnels - fictifs - de Michel Beretti)
 
"Le Prisonnier", opéra de Luigi Dallapiccola, Limoges 2011
 
"Ai posteri l’ardua sentenza..."
 
"Le Prisonnier", opéra de Dallpiccola, scène finale - Limoges, 2011
Photos Opéra de Limoges et Antoine Jouffriault