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Œuvres    
Au Paradis, les femmes ne pètent pas

 
 
Mars 2015. Des combattants de la secte Boko Haram, qui avaient épousé de force des femmes enlevées à leurs familles, reçoivent l’ordre de les tuer avant de fuir devant l’avancée des troupes gouvernementales : leurs chefs leur ont dit qu’ils retrouveraient leurs femmes « purifiées » au Paradis… La plupart obéissent, certains refusent et s’enfuient avec leurs épouses…

Ecrit en 2016, Au Paradis, les femmes ne pètent pas imagine ce qui peut se passer au quotidien entre un homme et une femme qu’unit ce mariage forcé, entre dans l’intimité de ce couple de hasard : elle, partagée entre la peur, la résignation et le désir de vengeance, lui entre sa brutale volonté de domination et sa frustration de ne pouvoir posséder une véritable épouse toujours fuyante.

Une femme violée est coupable : pour Fanna, sa vie est finie. Elle ne se résigne pas et ne pense qu’à venger son mari qu’elle croit mort en tuant son meurtrier : celui qui se dit son époux. Echouant à mâter cette femme rebelle, Ousmane essaie finalement de la mériter. C’est une histoire tissée de violence sourde et de sentiments contradictoires, sur une crête de fragile équilibre, toujours sur le point de basculer d’un côté ou de l’autre : de la haine ou de la résignation née de l’habitude, ou peut-être – pourquoi pas ? – du côté d'un respect mutuel, ou d’une vague affection.
 
Assa Konaré et Aboubacar Ouattara dans
 
Première lecture publique de la pièce par Mariusca Rhitty Moukengué (Fanna) et Harvey Massamba (Diala) au Festival Mantsina-sur-Scène (direction Sylvie Diclo-Pomos), Brazzaville (Congo), le 19 décembre 2016. Création scénique au Conservatoire de Bamako en juillet 20167avec Assa Diawara Konaré (Fanna) et Aboubacar S. Ouattara (Diala), mise en scène Assa Diawara Konaré (photographies de la création sur cette page : Amadou Traoré)
 
Assa Diawara Konaré dans
 
Au Paradis, les femmes ne pètent pas est en répétition à Lomé (Togo), avec Michael Todego (Diala) et Adjaratou Yerima (Fanna), mise en scène Joël Amah Ajavon, scénographie Rouquaiya Yasmine Yerima, costumes Aïcha Yerima, lumières Petit Dowêvi, musique Maestro Méchac.

Une autre mise en scène, par Nathalie Hounvo-Yekpé, est en préparation au Bénin, avec Hafissou Sogotedji (Diala) et Nadjibath Ibrahim (Fanna), scénographie Yannikc Amoussou, soutenus par l'Institut français du Bénin. Première présentation à l'Institut français de Parakou en janvier 2018.
 
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collage Philippe Macasdar
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Hunting the Blue Whale (2018)
 
Hunting the Blue Whale est un projet d'écriture numérique collective débouchant sur un spectacle théâtral pour plusieurs établissements scolaires. Il sera réalisé au cours de l'année scolaire 2018-9 à l'Ecole de Culture Général de Fribourg. Contact a été pris avec d'autres établissements scolaires en Suisse, en France et au Mali.
Alexandre Doucin - projet Govi
 
 
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