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Œuvres    
Au Paradis, les femmes ne pètent pas

Mars 2015. Des combattants de la secte Boko Haram, qui avaient épousé de force des femmes enlevées à leurs familles, reçoivent l’ordre de les tuer avant de fuir devant l’avancée des troupes gouvernementales : leurs chefs leur ont dit qu’ils retrouveraient leurs femmes « purifiées » au Paradis… La plupart obéissent, certains refusent et s’enfuient avec leurs épouses.

Ecrit en 2016, Au Paradis, les femmes ne pètent pas imagine ce qui peut se passer au quotidien entre un homme et une femme qu’unit ce mariage forcé, entre dans l’intimité de ce couple de hasard : elle, partagée entre la peur, la résignation et le désir de vengeance, lui entre sa brutale volonté de domination et sa frustration de ne pouvoir posséder une véritable épouse toujours fuyante.

Une femme violée est coupable : pour Fanna, sa vie est finie. Elle ne se résigne pas et ne pense qu’à venger son mari qu’elle croit mort en tuant son meurtrier : celui qui se dit son époux. Echouant à mâter cette femme rebelle, Ousmane essaie finalement de la mériter. C’est une histoire tissée de violence sourde et de sentiments contradictoires, sur une crête de fragile équilibre, toujours sur le point de basculer d’un côté ou de l’autre : de la haine ou de la résignation née de l’habitude, ou peut-être – pourquoi pas ? – du côté d'un respect mutuel, ou d’une vague affection.

En décembre 2018, Theatri Kanu présente au public malien du Palais de la Culture de Bamako Au Paradis, les femmes ne pètent pas. Le spectacle remporte le 1er Prix des Journées théâtrales de Guimba National, avec Jeanne Diama (Fanna) et Faly Niame Traoré (Diala), mise en scène Michel Beretti, scénographie Léa Char.
 

La première lecture publique de la pièce par Mariusca Rhitty Moukengué (Fanna) et Harvey Massamba (Diala) au Festival Mantsina-sur-Scène (direction Sylvie Diclo-Pomos), Brazzaville (Congo) avait été faite en décembre 2016.La première création scénique au Conservatoire Balla Fasséké Kouyaté de Bamako avait été donnée en juillet 2016, avec Assa Diawara Konaré (Fanna) et Aboubacar S. Ouattara (Diala), mise en scène Assa Diawara Konaré pour son travail de diplôme (extraits).
Après un atelier dirigé par Joël Amah Ajavon avec Michael Todego (Diala) et Adjaratou Yerima (Fanna) à Lomé, Au Paradis, les femmes ne pètent pas avait été présenté une nouvelle fois en janvier 2018 à l'Institut français de Parakou (Bénin) par Hafissou Sogotedji (Diala) et Elo Martine Noanti (Fanna) dans une mise en scène de Nathalie Hounvo-Yekpé, Méchac Adjaho (musique), Yannic Amoussou (technique) avant d'être joué dans le cadre de "Tous au FITHEB" en août 2018.
 
 
 
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